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Recherche oculaire / Sécheresse oculaire / 2013

Recherche sur la sécheresse oculaire en 2013 : 32 études marquantes chez l’humain

Les essais thérapeutiques ont testé des collyres anti-inflammatoires, des compléments pour le film lacrymal et la prise en charge des temps de rupture lacrymal courts. Les études sur la chirurgie et de nouvelles mesures ont montré à quel point la sécheresse oculaire peut varier, même si de nombreux résultats thérapeutiques restaient préliminaires ou limités à des patients particuliers.

Œil vu à travers une lentille, à côté de flacons de collyre d’un essai clinique

Le tableau de 2013

Trois thèmes se dégagent :

  • Un petit essai randomisé sur l’anakinra en collyre a constaté une amélioration de certaines mesures de la sécheresse oculaire, mais sa comparaison principale, portant sur la coloration cornéenne, n’était pas statistiquement significative.
  • Un essai multicentrique a montré que le collyre de rébamipide était au moins aussi efficace que le hyaluronate sur la coloration cornéenne pendant quatre semaines, avec une meilleure coloration conjonctivale.
  • Les études sur les tests d’inflammation, les protéines lacrymales et l’imagerie du film lacrymal ont fourni des indices diagnostiques, mais des échantillons sélectionnés et la faible concordance entre symptômes et signes ont limité leur portée clinique.

Chaque titre comportant un lien ouvre l’étude sur PubMed, sur le site de l’éditeur ou sur sa page DOI. Ces pages sont en anglais.

Ce que montre la recherche

En 2013, les preuves les plus solides sur les traitements provenaient de comparaisons randomisées, mais même ces essais associaient souvent des résultats secondaires encourageants à un suivi court ou à des critères principaux négatifs. Les études sur le diagnostic et sur les expositions ont aidé à expliquer les différences entre patients, tout en laissant de nombreux tests et liens de risque en attente d’une confirmation plus large.

Traitements et essais cliniques

Des études contrôlées ont évalué des médicaments anti-inflammatoires, des lubrifiants, des compléments alimentaires et des moyens de conserver les larmes. Plusieurs ont obtenu des résultats mitigés ou portaient sur de petits groupes particuliers.

  1. L’anakinra en collyre améliore certains résultats, mais échoue à un test clé de coloration

    Un essai randomisé de 12 semaines a réparti 75 patients atteints de sécheresse oculaire entre deux concentrations d’anakinra, un inhibiteur de l’interleukine 1, et un collyre de véhicule. La disparition de la coloration cornéenne aux deux yeux a été observée chez 29 % des patients du groupe à 2,5 %, contre 7 % dans le groupe véhicule, et les scores de symptômes étaient en faveur de l’anakinra, mais la comparaison principale, portant sur l’évolution moyenne de la coloration cornéenne, n’était pas statistiquement significative. Cet essai de phase précoce était de petite taille, et la dose la plus élevée n’a pas montré de bénéfice supplémentaire constant.

  2. Un essai court sur les oméga-3 rapporte de meilleurs symptômes et tests lacrymaux

    Soixante-quatre patients atteints de sécheresse oculaire ont été randomisés entre des capsules d’acides gras oméga-3 et un placebo pendant un mois. Les scores de symptômes, le temps de rupture lacrymal et les valeurs du test de Schirmer se sont davantage améliorés dans le groupe recevant le complément. L’échantillon était petit et le traitement court, de sorte que l’étude ne permet pas d’établir un bénéfice durable dans les différentes formes de sécheresse oculaire.

  3. Un complément mixte d’acides gras améliore les symptômes, pas la production de larmes

    Dans un essai randomisé de six mois, 38 femmes ménopausées atteintes d’une sécheresse oculaire modérée à sévère ont reçu de l’acide gamma-linolénique et des acides gras oméga-3, ou un placebo. Les scores de symptômes et certaines mesures de l’inflammation de la surface oculaire étaient en faveur du complément, tandis que la production de larmes, le temps de rupture et la coloration ne se sont pas nettement améliorés. Cette population restreinte et particulière et ces signes mitigés limitent toute affirmation générale sur le traitement.

  4. Le rébamipide fait jeu égal avec le hyaluronate sur la coloration cornéenne pendant quatre semaines

    Un essai multicentrique randomisé a comparé le collyre de rébamipide à 2 % au hyaluronate de sodium à 0,1 % chez 188 patients. À quatre semaines, le rébamipide a satisfait au critère de non-infériorité de l’essai pour la coloration cornéenne et a fait mieux sur la coloration conjonctivale et sur certaines mesures de l’inconfort ; la production de larmes et le temps de rupture étaient similaires. Cet essai contre comparateur actif apporte des preuves à court terme, mais ne montre ni bénéfice à plus long terme ni supériorité sur tous les critères.

  5. Le MIM-D3 n’atteint pas ses critères principaux dans la sécheresse oculaire

    Un essai randomisé de phase 2, d’une durée de 28 jours, a réparti 150 patients atteints de sécheresse oculaire entre deux doses de MIM-D3, un mimétique du facteur de croissance nerveuse, et le véhicule. Les critères principaux prédéfinis, portant sur la coloration et sur les symptômes, n’ont pas été atteints, même si certains signes secondaires et certains symptômes consignés dans des carnets étaient en faveur du traitement. Ces résultats secondaires sont exploratoires et ne l’emportent pas sur les résultats principaux négatifs.

  6. Des lubrifiants contenant des lipides réduisent l’évaporation dans une étude en chambre

    Une étude croisée randomisée a testé trois formules de lubrifiants, pendant deux semaines chacune, chez 18 personnes atteintes de sécheresse oculaire et 19 témoins, puis a mesuré leurs larmes dans des conditions de faible humidité. Les trois produits ont amélioré plusieurs mesures de la sécheresse oculaire, et les collyres contenant des lipides ont davantage réduit l’évaporation que la formule sans lipides. Ces comparaisons courtes, propres à chaque produit, ne comportaient pas de période témoin sans traitement, si bien que l’avantage clinique plus général reste incertain.

  7. La ciclosporine après une chirurgie de la cataracte améliore certaines mesures lacrymales

    Chez 32 personnes opérées de la cataracte aux deux yeux, un œil a reçu de la ciclosporine à 0,05 % et l’autre du sérum physiologique pendant trois mois. La production et la stabilité des larmes étaient en faveur de la ciclosporine lors des visites les plus tardives, et les patients ont signalé moins de sécheresse. Cette comparaison entre les deux yeux d’une même personne était de petite taille, et des évaluations de symptômes portant sur la personne entière ne peuvent pas être attribuées proprement à un seul œil traité.

  8. Le tacrolimus aide des patients sélectionnés atteints de sécheresse oculaire liée à la maladie du greffon contre l’hôte

    Quatorze patients atteints d’une maladie du greffon contre l’hôte oculaire, qui ne toléraient pas la ciclosporine, ont utilisé du tacrolimus en collyre pendant trois mois tout en poursuivant leurs autres soins. Les symptômes et plusieurs observations de la surface oculaire se sont améliorés par rapport au départ. Comme il s’agissait d’un groupe sélectionné et sans témoin, ces changements ne peuvent pas être attribués au seul tacrolimus.

  9. Les bouchons lacrymaux améliorent les tests lacrymaux dans la sécheresse oculaire du syndrome de Sjögren

    Une comparaison randomisée a réparti 42 patients atteints d’une kératoconjonctivite sèche due à un syndrome de Sjögren primitif entre des bouchons lacrymaux et des larmes artificielles ; 40 ont terminé les trois mois. Les deux groupes se sont améliorés pour les symptômes et la coloration de la surface, tandis que les bouchons ont entraîné des progrès plus importants des valeurs du test de Schirmer et du temps de rupture lacrymal. La sensibilité aux contrastes ne différait pas de manière significative entre les groupes, et l’étude était modeste par sa taille et sa durée.

  10. Le diquafosol améliore les symptômes dans la sécheresse oculaire à temps de rupture court

    Des chercheurs ont étudié le collyre de diquafosol dans une série prospective de 39 yeux et dans une comparaison randomisée distincte, de quatre semaines, portant sur 17 yeux à temps de rupture lacrymal court. Les symptômes et le temps de rupture se sont améliorés avec le diquafosol, mais la coloration à la fluorescéine et les mesures topographiques de la stabilité lacrymale n’ont pas montré de progrès nets. La partie randomisée était très petite et ciblait une forme particulière de sécheresse oculaire.

Chirurgie, fonction visuelle et qualité de vie

Des cohortes chirurgicales prospectives ont documenté des symptômes et des modifications lacrymales transitoires après l’opération. Des études fonctionnelles plus petites et des témoignages de patients ont exploré la façon dont la sécheresse oculaire affecte les activités quotidiennes.

  1. La vitesse de lecture est plus lente dans un groupe suivi en consultation pour sécheresse oculaire

    Des chercheurs ont comparé la vitesse de lecture et la sensibilité aux contrastes de 52 personnes atteintes de sécheresse oculaire et de 20 témoins. Le groupe atteint de sécheresse oculaire lisait plus lentement, avec un ralentissement plus marqué chez les personnes dont la maladie était plus sévère, alors que la sensibilité aux contrastes ne différait pas de manière significative. Dans cette comparaison transversale menée en consultation, l’éventail des âges était plus large dans le groupe atteint de sécheresse oculaire, et l’étude ne peut pas montrer que traiter la sécheresse rétablit la vitesse de lecture.

  2. Les signes de sécheresse oculaire culminent peu après la chirurgie de la cataracte

    Une étude prospective a suivi 92 patients après une chirurgie de la cataracte sans complication, avec des évaluations des symptômes et du film lacrymal. Les signes de sécheresse oculaire étaient les plus marqués durant la première semaine après l’opération et s’atténuaient généralement entre le premier et le troisième mois. Cette cohorte d’un seul centre ne comportait pas de groupe de comparaison non opéré ; elle ne peut donc pas isoler tous les effets de l’intervention.

  3. Le SMILE entraîne moins de modifications de la surface que le LASIK dans une cohorte

    Une étude prospective de six mois a comparé 38 patients opérés par extraction d’un lenticule par petite incision (SMILE) à 33 patients opérés par LASIK au laser femtoseconde. Les deux groupes ont présenté des symptômes transitoires de sécheresse oculaire et une baisse de la sensibilité cornéenne, mais la coloration et la perte de sensibilité étaient généralement moins marquées après le SMILE. Le traitement n’était pas attribué par tirage au sort, ce qui laisse la possibilité que des différences entre les groupes opérés aient influencé la comparaison.

  4. Deux méthodes de découpe du volet du LASIK donnent des résultats globalement proches pour la sécheresse oculaire

    Des chercheurs ont suivi de façon prospective 87 patients après un LASIK dont le volet avait été découpé au laser femtoseconde ou au microkératome mécanique. Dans les deux groupes, plusieurs mesures de la surface oculaire et de la sensibilité se sont transitoirement dégradées ; le temps de rupture lacrymal ajusté était en faveur du groupe femtoseconde, mais la coloration cornéenne ne différait pas nettement. L’attribution non aléatoire et les différences dans les caractéristiques de la chirurgie limitent toute comparaison causale.

  5. Les patients atteints de sécheresse oculaire manquent davantage de cibles dans un simulateur de conduite

    Dans une étude sur simulateur, 20 personnes atteintes de sécheresse oculaire ont été comparées à 20 témoins appariés selon l’âge et le sexe pour la détection de cibles et le temps de réponse. Le groupe atteint de sécheresse oculaire a manqué davantage de cibles et a répondu plus lentement, en particulier dans des situations de circulation complexes simulées. Une petite tâche sur simulateur ne permet pas d’établir d’effets sur le risque d’accident en conditions réelles.

  6. Les femmes déclarent un retentissement quotidien de la sécheresse oculaire plus lourd que les hommes

    Une étude par questionnaire a de nouveau interrogé 1 518 femmes et 581 hommes dont la sécheresse oculaire avait été identifiée auparavant dans deux grandes cohortes américaines de professionnels de santé. Les femmes ont déclaré des symptômes plus sévères, davantage de répercussions sur leurs activités et un recours plus fréquent aux traitements. L’analyse reposait sur les déclarations des participants, et les différences entre cohortes, comme l’âge, empêchent d’expliquer simplement par la biologie l’écart entre les sexes.

  7. Le poids des symptômes du syndrome de Sjögren est lié à la qualité de vie autrement que dans les autres syndromes secs

    Une étude transversale coréenne a comparé 104 personnes atteintes d’un syndrome de Sjögren primitif à 42 personnes présentant des symptômes de sécheresse sans syndrome de Sjögren. L’indice de symptômes rapportés par les patients pour le syndrome de Sjögren était associé à une moins bonne qualité de vie liée à la santé dans le groupe Sjögren, alors que les évaluations de la sécheresse buccale étaient plus informatives dans le groupe sans syndrome de Sjögren. L’étude a mesuré des associations lors d’une seule visite et portait sur la sécheresse de l’ensemble de l’organisme autant que sur la sécheresse oculaire.

Symptômes, tests lacrymaux et biomarqueurs

Les questionnaires, les tests d’inflammation réalisables au cabinet, l’imagerie des glandes, la microscopie et les études des protéines lacrymales ont offert de nouvelles façons de caractériser la sécheresse oculaire. La plupart devaient encore être validés en dehors d’échantillons de recherche sélectionnés.

  1. Un questionnaire japonais mesure l’effet de la sécheresse oculaire sur la vie quotidienne

    Des chercheurs ont mis au point en plusieurs étapes le questionnaire Dry Eye-Related Quality-of-Life Score, qui compte 15 questions, et l’ont évalué chez 203 patients atteints de sécheresse oculaire et 21 témoins. Ses scores ont montré une fiabilité et une validité satisfaisantes pour les symptômes et le retentissement quotidien. Le petit groupe témoin et la mise au point au Japon font que ses performances dans d’autres populations restent à confirmer.

  2. Un test de la MMP-9 réalisable au cabinet repère une inflammation chez des patients sélectionnés

    Une étude multicentrique en insu a comparé un test rapide de la MMP-9 dans les larmes à une classification clinique de la sécheresse oculaire chez 143 patients et 63 témoins. La sensibilité rapportée était de 85 % et la spécificité de 94 %. Ces chiffres proviennent de groupes sélectionnés et d’une définition clinique de référence ; la MMP-9 signale une inflammation de la surface oculaire, et non toutes les formes de sécheresse oculaire.

  3. La perte de glandes de Meibomius va de pair avec une couche lipidique lacrymale plus mince

    Une étude transversale a comparé 30 personnes présentant un dysfonctionnement obstructif des glandes de Meibomius à 25 témoins au moyen de l’imagerie des glandes, de l’interférométrie de la couche lipidique et de tests du film lacrymal. Une perte glandulaire plus importante était associée à une couche lipidique plus mince, et le groupe atteint de dysfonctionnement glandulaire avait des temps de rupture lacrymal plus courts. Ce petit schéma observationnel ne peut pas montrer si la perte glandulaire a causé les modifications lacrymales mesurées.

  4. L’imagerie confocale révèle des profils cellulaires différents selon les formes de sécheresse oculaire

    Des chercheurs ont utilisé la microscopie confocale cornéenne in vivo dans quatre groupes de 15 personnes : sécheresse oculaire du syndrome de Sjögren, sécheresse oculaire sans syndrome de Sjögren, dysfonctionnement des glandes de Meibomius et témoins. Les profils des nerfs et des cellules inflammatoires différaient d’un groupe à l’autre, avec des modifications marquées dans certains sous-types de la maladie. Quinze participants par groupe ne suffisaient pas pour établir des seuils diagnostiques fiables ni des mécanismes de causalité.

  5. La rupture lacrymale non invasive concorde faiblement avec les scores de symptômes

    Une étude portant sur 99 participants a comparé la rupture lacrymale non invasive, mesurée avec un appareil Keratograph, à l’Ocular Surface Disease Index. La relation était faible et inverse, avec une corrélation proche de −0,20. Une seule mesure instrumentale ne reflétait donc pas fidèlement l’inconfort déclaré par les patients de cet échantillon.

  6. Un prélèvement conjonctival standardisé soutient la recherche sur HLA-DR

    Des chercheurs ont testé le recueil et la manipulation de prélèvements de cytologie par empreinte pour le marqueur inflammatoire HLA-DR, notamment par des comparaisons entre des patients atteints de sécheresse oculaire de sévérité différente. Leur protocole a fourni des échantillons cellulaires exploitables après expédition et conservation, et a mis en évidence un profil de HLA-DR lié à la sévérité. Ce travail méthodologique n’a pas établi de seuil diagnostique clinique ni prouvé que modifier HLA-DR améliore les symptômes.

  7. Les protéines lacrymales distinguent certains sous-types sélectionnés de sécheresse oculaire

    Deux études ont analysé les protéines lacrymales de 169 personnes réparties entre un groupe témoin et des groupes de sécheresse oculaire par déficit aqueux, par déficit lipidique ou mixte. Un panel de six protéines présentait ses différences les plus marquées dans la forme par déficit aqueux, avec une séparation bien moindre pour la forme par déficit lipidique. Les bonnes performances de classification obtenues dans ces échantillons sélectionnés doivent être vérifiées de façon indépendante en consultation courante.

Affections associées et contraintes environnementales

Des enquêtes en milieu de travail, des cohortes médicales et des études d’exposition contrôlée ont relié les observations de sécheresse oculaire à l’usage des écrans, à la santé mentale, à la sensibilité à la douleur, au diabète, aux maladies auto-immunes et à l’air sec. La plupart des comparaisons observationnelles ne permettent pas d’établir de lien de cause à effet.

  1. Les symptômes de sécheresse oculaire vont de pair avec la sensibilité à la douleur

    Dans une étude transversale menée auprès de femmes de la cohorte TwinsUK, des chercheurs ont comparé la sécheresse oculaire définie par questionnaire à des tests de douleur à la chaleur sur l’avant-bras. Les femmes déclarant une sécheresse oculaire étaient plus sensibles à la douleur, et, dans un sous-groupe ayant rempli un questionnaire, des symptômes oculaires plus lourds allaient aussi de pair avec une plus grande sensibilité à la douleur. L’échantillon exclusivement féminin et les mesures oculaires déclarées par les participantes ne permettent pas de dire si la sensibilité à la douleur cause les symptômes de sécheresse oculaire ou en découle.

  2. De longues heures d’écran s’accompagnent de davantage de sécheresse oculaire chez des employés de bureau

    L’étude d’Osaka a examiné 561 employés de bureau qui avaient à la fois rempli un questionnaire et passé un examen oculaire. La sécheresse oculaire certaine ou probable était plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, et plus de huit heures d’écran par jour étaient associées à une probabilité plus élevée de sécheresse oculaire. Cet échantillon transversal en milieu de travail utilisait une définition large des cas et ne peut pas montrer que les écrans ont causé l’affection.

  3. La dépression est davantage liée aux symptômes de sécheresse oculaire qu’aux signes lacrymaux

    La Beijing Eye Study, une étude en population, a comparé des mesures de la sécheresse oculaire à un questionnaire de dépression rempli ultérieurement dans une grande cohorte d’adultes. La dépression était associée à la sécheresse oculaire déclarée, alors que les mesures objectives des larmes et de la surface ne montraient que peu ou pas de relation correspondante. Les moments de mesure différents et le schéma observationnel laissent incertains le sens et l’explication de cette association.

  4. Le stress post-traumatique et la prise d’antidépresseurs vont de pair avec des symptômes sévères de sécheresse

    Chez 248 anciens combattants américains, des hommes âgés, des chercheurs ont comparé les symptômes et les signes de sécheresse oculaire au stress post-traumatique, à la dépression et à la prise de médicaments. Le stress post-traumatique et la prise d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine étaient associés à la déclaration de symptômes sévères, mais les différences aux tests lacrymaux objectifs n’étaient pas nettes. Cet échantillon transversal d’anciens combattants masculins ne permet d’établir ni les effets des médicaments ni le risque dans la population générale.

  5. La sécheresse oculaire dans le diabète de type 2 est liée à la rétinopathie

    Des chercheurs ont examiné 243 personnes atteintes de diabète de type 2 et ont constaté une sécheresse oculaire chez environ 28 % d’entre elles selon la définition de leur étude. La sécheresse oculaire était associée à la rétinopathie diabétique, mais pas nettement à la neuropathie ni à la néphropathie. Cet échantillon clinique, mesuré à un seul moment, ne permet ni de déterminer quels changements sont apparus en premier ni d’estimer le risque pour toutes les personnes diabétiques.

  6. Des conditions d’avion simulées aggravent les mesures de la sécheresse oculaire

    Des chercheurs ont exposé 20 patients atteints de sécheresse oculaire, pendant deux heures, à une chambre à faible humidité et basse pression traversée par un courant d’air, et les ont comparés à 15 patients atteints de sécheresse oculaire placés dans des conditions standard. Les symptômes, la stabilité lacrymale et la coloration de la surface se sont aggravés dans les conditions de cabine simulées, en même temps que les marqueurs inflammatoires des larmes se modifiaient. Cette petite simulation contrôlée ne permet pas de chiffrer les symptômes lors d’un véritable voyage en avion.

  7. Les observations lacrymales initiales prédisent la réponse à une épreuve de dessèchement

    Quinze personnes sans sécheresse oculaire et dix personnes qui en étaient atteintes ont subi une épreuve de 90 minutes avec des lunettes maintenant une faible humidité. La coloration cornéenne a augmenté dans les deux groupes, et certaines mesures initiales du ménisque lacrymal et de la coloration étaient liées à la réponse. Cette petite exposition artificielle est utile pour formuler des hypothèses, non comme outil de prédiction validé pour les environnements du quotidien.

  8. La polyarthrite rhumatoïde avec syndrome de Sjögren secondaire présente une inflammation oculaire sensible au traitement

    Des chercheurs ont suivi 12 patients atteints d’une polyarthrite rhumatoïde active avec syndrome de Sjögren secondaire et 12 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde seule, en répétant les examens oculaires, l’imagerie confocale et les dosages de cytokines lacrymales une fois l’activité générale de la polyarthrite maîtrisée. Les symptômes de sécheresse oculaire, la coloration, la densité des cellules inflammatoires et certaines cytokines lacrymales se sont améliorés dans le groupe avec syndrome de Sjögren secondaire, sans évolution comparable dans l’autre groupe. Cette très petite étude avant-après, non randomisée, ne permet pas d’isoler l’effet d’un traitement général précis.